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Ressources Parentalité

Les diners des femmes

Soirées organisées à Ajaccio.

Chaque mois, une rencontre festive, pour partager son quotidien, ses projets, ses questionnements, les dernières histoires qui nous ont fait sourire… Et créer un réseau de femmes solidaires ! Cette idée est transmise par l'association Mere et partage, lire l'interview d'Adine ci-dessous.

A Ajaccio ou aux alentours, en général le dernier vendredi mois (mais pas toujours). L'inscription est indispensable (pour réserver...) Pour être informée de la date et du lieu du prochain rendez-vous, contacter Anne

Rencontre avec Adine :

à Marseille, des dîners de femmes « les femmes bougent le monde change »

EG : Adine, des dîners de femme à Marseille… comment est née cette belle idée ?

Adine : J’aime bien les repas du soir, famille nombreuse, je suis plus détendue il n’y a plus les contraintes de la journée, le temps est comme ralenti, j’allume des bougies… c’est un moment ou je peux me poser, je suis prête à discuter, à refaire le monde…
Sur Marseille, où je suis depuis 13 ans, j’ai vite rencontré beaucoup de mamans, et j’ai senti une grande richesse dans les échanges, mais aussi des mamans très isolées chez elles. Quand on se voyait, il y avait une grande joie à échanger, souvent on discutait encore devant les voitures avant de se quitter. L’idée m’est venue alors d’organiser ces dîners où il n’y aurait pas de thèmes prévus, juste l’idée d’être ensemble, de mettre les pieds sous la table (on dîne au restau), avec rien à préparer, juste se pomponner (c ’est un côté festif), arriver à quitter la maison ou le travail sans trop de rush, parce qu’il y a souvent du rush au dernier moment, par exemple les enfants qui sont petits qui s’accrochent à la maman, et puis on veut quand même bien faire, alors on prépare le dîner pour les autres avant de partir…
Le premier dîner de femme c’était en octobre 2001, je n’ai pas un souvenir précis de ce dîner là, mais ça a tout de suite très bien fonctionné, ça a été un vrai succès. Après les premiers dîners, j’ai fait une sorte de book… chacune met ses coordonnées , on met la carte du restau… et on peut feuilleter le livre quand on se retrouve.

Qui participe à ces soirées ?

Toutes les femmes qui viennent ne sont pas de s mamans… Les dîners sont ouverts aux amies des amies, aux voisines ; souvent quand je pars de la maison la voiture est déjà pleine, l’ambiance est là avant d’arriver au restau, même avec celles qui ne se connaissent pas, elles se sentent à l‘aise.
Pour les mères, sortir entre femme permet aussi aux papas de prendre le relais, les mères ont confiance pour laisser des enfants en bas âge (ce qui est facilité aussi par les téléphones portables).
L’association s’est appelée "mère et partage" parce que femme et partage c’était, je crois, déjà pris, mais on aimerait bien que cela redevienne "femme et partage". Dans cette association, on a eu des hommes pour certaines activités, par exemple pour des journées consacrées à l’interprétation des rêves … mais les dîners sont pour les femmes.

Et côté organisation….

En pratique, j’ai souvent un coup de fil d’une amie… c’est quand le prochain dîner… et puis j’appelle Véronique, on fixe la date , le lieu, sans essayer de convenir à tout le monde (il y aura une autre date, un autre lieu, ça ne peut pas toujours aller à tout le monde). Et puis on invite, téléphone et e-mails , il nous est arrivé de prévenir que 3-4 jours avant et d’être quand même 15 au diner !…. Je pense que les femmes qui viennent ce soir là, c’est exactement ce qui doit être ; je ne cherche pas à faire plaisir à tout le monde, j’ai confiance que les femmes qui viennent et qui se rencontrent ce soir là, comme pour la place où l’on est assise pour le dîner, c’est ce qu’il fallait… le hasard fait bien les choses.
Le principe, c’est des repas pas plus cher que 15 € plus 1€ pour constituer une cagnotte et inviter une femme qui n’aurait pas les moyens financiers de venir au dîner. Ces temps ci, dans la pratique, on passe plutôt à 18€ comme prix de base.
Certaines femmes ne viennent pas à chaque invitation, mais de les appeler pour un repas, cela permet de maintenir le lien, garder le contact de la voix. Il y a toujours un petit noyau de femmes, et puis cela change ; certaines ne viennent qu’une fois par an, mais elles viennent.

Que viennent chercher les participantes ?

Un temps pour elles, un temps de partage, il ya quelque chose de magique qui se passe. On est bien ensemble, d’abord on rit, il y a beaucoup de rires ; on vient toutes avec le cœur grand ouvert, disponible à soi et à l’autre, c’est un espace, du temps, du temps pour nous et ce temps c’est de l’or parce qu’on court toutes après le temps. C’est pour cela qu’on ne fixe pas de thème, tout est possible. On fait des rencontres étonnantes. On ne se présente pas dans un tour formel, les discussions naissent spontanément, c’est vraiment libre, sans protocole, même s’il arrive que je donne la parole à quelqu’un de précis, qui fait quelque chose de particulier en ce moment, et je lui demande de nous en parler.
C’est arrivé très rarement, d’avoir des bébés, qui restent au sein pendant le repas, des mamans qui avaient vraiment envie de nous montrer leur bébé, de discuter, de sortir de leur isolement. Mais on essaye d’avoir un temps pour nous, on a toutes des enfants en bas âge ou des enfants, cela fait du bien d’être entre nous. Au dessus de mon bureau, j’avais découpé dans un journal l’image de trois femmes africaines, habillées avec des tissus blancs, et elle s tournaien t, un peu comme des derviches tourneur. Et il était écrit au dessus d’elles « les femmes bougent , le monde change ». Je crois que cela m’a beaucoup motivée pour faire des choses avec les femmes parce que je sens qu’il ya une grande force entre elles et un besoin de mettre en place une solidarité pour un monde plus doux, plus accueillant, plus cohérent. Cela me fait aussi penser, dans ces dîners là, on donne libre cours au cerveau droit, le cerveau de l’émotionnel, du ressenti, de l’intuitif, du partage. On met en avant une qualité d’être, et pas toujours de faire, et ou d’avoir, ce qui est assez difficile, parce qu’en tant que maman et que femme on est beaucoup dans le faire ; et là, c’est juste de la présence.

Dans l’avenir…
Cette année on a intégré les dîners dans l’association mères et partages, on propose différentes activités, ce sont ou des temps d’enseignement ou des temps de partage. On a abordé plusieurs thèmes, on a en projet, la voix, le couple, l’école autrement, la qualité de l’eau…
Quand on avait donné le planning des activités de l’association, les femmes ont rappelé l’importance des dîners. Il ne faut pas les oublier ! L’année dernière, on a même organisé une soirée pyjama, comme pour nos filles, et lors du dîner de hier soir, certaines ont demandé qu’on en fasse une autre…

J’ai participé une fois à un de tes dîners, et j’avais mis cette idée dans un coin de ma tête, et le premier dîner, dans le cadre de ressources parentalité, et voilà, le premier dîner, pour moi, c’est ce soir… Au-delà de la géographie et de l’éloignement, c’est une grande chaine de solidarité. Et j’ai parlé de ces dîners à d’autres femmes qui mettent aussi cela en place dans leur région à elle.

Et puis j’ai une autre idée, en pensant aux mamans de tous petits, je pense à mettre en place des petits-déjeuners des mamans…

Ah oui, cela demande un peu d’énergie mais cela apporte beaucoup. J’espère que j’aurai l’occasion de venir prendre un petit déjeuner en corse…

Adine et Elisabeth, octobre 2009